mardi 20 août 2019

Les vacances de Monsieur Bruno, saison 3

Bruno Blanchet, notre globe-trotter émérite, repart pour de nouvelles aventures…. Cette fois, il pose ses valises en Afrique, un continent tout aussi fascinant que méconnu. Loin des sentiers battus, il nous entraîne à la rencontre de ses habitants et nous offre une immersion dans leur quotidien. Avec sa personnalité colorée, ses innombrables péripéties, son regard original, combinés à son humour déjanté ; Monsieur Bruno nous fait découvrir le vrai visage de l’Afrique.


Mercredi, 20:00, sur Évasion

mardi 19 mars 2019

Coucou 19 mars - La fête de Bird

Coucou les Coucous!

On s’est quitté sur un joyeux Happy Birthday dans l’épisode précédent, et j’aimerais qu’on enchaine avec un autre anniversaire, si ça vous dérange pas, avant de repartir à vélo tel que prévu… Siouplaît, merci! D’une part, ça va nous donner un break de pédales et de selle, et bien qu’il s’agisse d’un petit détour dans le temps et l’espace, vous verrez qu’en bout de ligne, ça fera du sens; et surtout, vous aurez le plaisir d’avoir découvert au passage, une tradition très particulière...

La fête de Bird
Le mois dernier, c’était l’anniversaire de mon ami Bird. À chaque année, c’est toujours la même chose : il faut se battre avec lui pour lui offrir un cadeau. D’abord, en Thaïlande, l’échange de cadeaux n’est pas une tradition. Souvent, cela met dans l’embarras la personne qui le reçoit, et qui se sent une obligation de répondre avec un équivalent, au niveau monétaire. Et ce n’est pas tout le monde ici qui a les moyens d’acheter quelque chose qui n’était pas prévu au budget. Donc, on évite les malaises simplement en partageant un repas et en offrant un gâteau personnalisé, au dessert. Cette année, c’est moi qui avais la mission d’aller chercher en cachette le gâteau que Nang, la femme de Bird, avait commandé. À la pâtisserie, quand la dame au comptoir m’a montré sur un bout de papier tout ce que Nang voulait qu’on écrive sur le gâteau, j’ai éclaté de rire. J’ai aussitôt téléphoné à Nang.
- Nang, es-tu bien certaine de vouloir tous ces mots sur un gâteau?
- Oui, pourquoi?!
- La pauvre dame va passer l’après-midi là-dessus…Tu devrais peut-être l’écrire dans une carte, à part?
- Bonne idée! Achète une carte aussi!
- Ok. On écrit quoi d’abord sur le gâteau?
- La même chose! Je vais écrire autre chose dans la carte…
- Parce qu’il reste autre chose à ajouter?
Or, quand je dis personnalisé, voici à quoi ça ressemble…



Et, s’il est difficile d’offrir quoi que ce soit au fêté sans le mettre mal à l’aise, une journée d’anniversaire, pour Bird, c’est l’occasion de… donner des cadeaux! Enfin, d’une certaine manière, parce que c’est la journée qu’il choisit pour « offrir aux plus démunis ».

D’abord, dans les semaines qui précèdent son anniversaire, il identifie une école de village, un orphelinat ou une organisation qui vient en aide aux enfants moins fortunés. Il communique ensuite avec eux pour s’enquérir de leurs besoins. Puis, la veille de sa fête, il la passe dans les magasins à acheter le nécessaire, et du matériel scolaire, et des gâteries pour les tout-petits.
Cette année, il s’agit d’un centre pour enfants maltraités, le « Rangsit Babies Home ».
Le matin, on remplit le coffre de la voiture. Et on place les boîtes supplémentaires sur le siège arrière. J’estime qu’il y en a toujours pour plusieurs centaines de dollars, mais ça, Bird n’a jamais voulu me le dévoiler…
- C’est pas le prix qui compte, c’est le geste!




Et pendant que nous sommes derrière la voiture, faut que je vous montre un truc qui me fait rire… La voiture de Bird, c’est une Mazda ELEGANCE. L’an dernier, lors d’un accrochage, il s’est fait enfoncé le coffre. Il a envoyé la voiture au garage du coin, où les mécaniciens ne sont pas très lettrés…
La voiture est revenue, mais elle n’était plus une ELEGANCE.




Ça se prononce Élac-gnane... Ostie que j’ai ri quand la voiture est revenue du garage.
Je la ris encore.
Bref, ce matin-là, on sort avec la Élac-gnane emplie à ras bord de denrées, sauf qu’il y a un nouveau twist qui s’est ajouté au jour d’anniversaire : Bird annonce qu’on fera d’abord un stop à la poissonnerie du marché local...
- Tu veux apporter du poisson aux enfants?
- Non! Je veux les libérer. Je veux les relâcher dans la nature.
Relâcher des poissons dans la nature? Ah ben celle-là est bonne! Maudit bouddhiste à m...
Je blague. C’est effectivement un très beau geste, et une idée géniale, dans la mesure où tu n’introduis pas une grosse espèce invasive brune dans une beau bassin de petits poissons roses. Ou le contraire.
Au marché, le dilemme. Des poissons par dizaines. Lesquels seront épargnés? Je demande à Nang :
- Nang, comment on choisit un poisson?
Elle me regarde comme si j’étais le dernier des cons.
- T’as qu’à le pointer du doigt, Bruno.



Après le marché, c’est direction Rangsit Babies Home, où nous vidons le contenu du coffre, et nous plaçons le tout sur une table à l’entrée. Je prends quelques clichés, puis nous sommes invités à faire le tour du propriétaire avec une des responsables, qui nous explique brièvement le travail du centre. Au mur, une liste des besoins et problèmes des enfants qui y sont traités en ce moment. Je lis mais je ne comprends pas. Bird me fait la traduction des expressions que je ne connais pas.
Je comprends un peu mieux pourquoi on ne nous les enseigne pas à l’école de langue, ces mots-là.
On ne voudrait pas qu’ils existent.
Nous retournons à la voiture. Avant de partir, après une dernière photo, je ne peux pas m’empêcher de remarquer que Bird avait ajouté à l’essentiel scolaire des enfants beaucoup de gâteries.
- Quand j’étais jeune, nous étions pauvres, et je n’ai jamais mangé de dessert.
Il est trop poli et bien élevé pour préciser sa pensée, mais à son ton, je saisis à ce moment que c’est sa manière de dire « (et je fais discrètement le geste) à la vie » .
Reconnaissance, générosité, vengeance et célébration, quel beau mélange...
Allez hop!





Nous partons vers un temple qu’il a identifié, à plus d’une heure de route, au milieu d’une forêt, et loin de tout village. Il nous reste dans la voiture encore des denrées qui sont destinées aux moines : des produits nettoyants, des vêtements, des savons, et un peu de gâteries aussi. Bird a trouvé le temple par hasard, sur Google Map, en se disant qu’un temple si isolé doit assurément avoir besoin d’aide.
Et heureusement que le GPS existe, parce que même grâce à lui on en a viraillé un bon coup. Quelle ne fût pas notre étonnement de voir apparaître au milieu du bois, au bout d’un champ, ceci…


Petit temple qui a des grands besoins? Fiou. Ça n’a rien à voir avec les temples traditionnels qui pullulent dans le paysage, et je lui trouve tout de suite une allure un peu louche... Me semble que si je me partais une secte, ça pourrait ressembler à ça. Un Range Rover de l’année nous bloque l’accès au bureau des donations.
- Bird, tu es bien certain que...
Il ne me laisse pas terminer ma phrase.
- C’est un temple et une école de Bouddhisme, et ils étudient les enseignements d’un maitre que je respecte beaucoup, et que j’ai moi-même étudié au temple.
- Ah bon!
Bird a été moine pendant 4 mois, il y a quelques années, je vous le rappelle, et son plus grand souhait serait de finir sa vie dans un temple.
J’étais d’ailleurs allé le visiter à plusieurs occasions, et chaque fois je ne savais pas de quoi je pouvais lui parler, alors on passait de grands moments à ne rien se dire.
Pensez-y : on jase de quoi avec quelqu’un qui est venu s’isoler du monde pour apprendre à méditer et vivre au moment présent? On lui parle de sport, de famille, de la pluie et du beau temps? Je n’osais pas déranger sa retraite et sa concentration…
Puis, avec ses cheveux et ses sourcils, rasés, il me faisait un peu peur mon ami. Glabre, il avait une vraie tête de moine. Et il parlait toujours sur un ton de moine, et il racontait des histoires de moine, en regardant dans le vide. Le vide de moine, que j’appelais ça. C’est comme parler en regardant toujours dans sa tête.
Je le trouvais tellement intense qu’il me donnait envie de rire, souvent, mais je me retenais, de peur de déranger et de pécher, comme pour un pet dans une église.
Je gardais donc mon sérieux, et j’essayais de comprendre. Mais dès qu’il avait une tâche à accomplir, j’en profitais, et j’allais rire un bon coup aux toilettes.
Mais, c’était un fou rire qui se terminait parfois en larmes, parce qu’au fond, j’avais peur d’avoir perdu mon ami.





Alors, nous voici avec nos boites à offrir, dans un temple qui n’a pas l’air d’être fréquenté par des tout-nus, pardonnez-moi l’expression, et c’est la prochaine question qui me chicote… Est-ce qu’on ne devrait pas « donner » ailleurs où ils en auraient plus besoin?
- Bruno, ce n’est pas l’endroit qui compte…
- Je sais. C’est le geste!
Ça m’avait frappé la première fois que j’avais fait le « tambon » au temple bouddhiste, le rituel où tu allumes une chandelle par ici, de l’encens par là, puis tu achètes une fleur de lotus, tu la poses devant la statuette, tu fais 3 courbettes, et quand tu lèves la tête…
Ta fleur est disparue! Le même mec qui me l’avais vendue l’a ramassée pour la revendre au prochain. On m’a expliqué que personne n’avait volé MA fleur.
Parce que je l’avais déjà offerte.
C’est pour le geste que j’avais payé.



Mais notre mission n’était pas terminée! Il nous restait à libérer les poissons de leurs grands sacs de plastique. En marchant autour du temple accompagné d’un moine, avec lequel Bird parle le moine, nous apercevons une joli bassin d’eau, qui entoure un beau pavillon. Je fais signe à Nang. Les poissons? Dans l’eau?
Nang est d’accord. Nous commençons à avoir faim, et les poissons dans l’auto doivent sûrement commencer à avoir chaud. Bird pose la question au moine, qui est ravi.
- Bien sûr que vous pouvez libérer vos poissons ici, il s’agit du bassin de la Princesse Bajrakitiyabha, dont voici d’ailleurs le pavillon personnel.
Ah! On la connaît bien, Bird et moi, la Princesse Bajrakitiyabha, parce qu’elle court des triathlons, et un des membres de son équipe est un ami à nous, P’Chang.
Est-ce un signe? Non.
Mais c’est une bonne occasion de remettre des poissons à l’eau.



Ensuite nous nous sommes arrêtés au premier petit resto pour y manger des petites soupes super épicées, des « kuaitiao rua », communément appelées les « boat noodles » : à seulement 50 sous le bol, si tu en manges 10, tu as en bonus un bol gratis, et sans doute, une sacrée chiasse le lendemain matin. On apaise le feu avec un petit dessert à la noix de coco, le khanom thuay. Chaque fois, une délicieuse expérience.

  
  
   

Alors la morale de cette histoire? Parce qu’il y en a peut-être une…
Quelques jours plus tard, en sortant du centre d’achats Future Park près de chez moi, je trouve par terre dans le parking, l’équivalent de 10 dollars canadiens en thaïs bahts. Je le ramasse instinctivement, parce qu’on nous conseille de toujours ramasser les sous qui trainent par terre en Thaïlande; ils arborent l’image du roi, et c’est un crime que de fouler son image. Et là, je suis dans le stationnement, avec l’argent dans les mains, et je ne me sens pas bien du tout. Je sais que 10 dollars pour quelqu’un ici, c’est parfois une journée de travail. Moi, je n’ai pas besoin de dix dollars, ni aujourd’hui, ni demain, et de toute manière, cet argent-là, pas parce que je l’ai trouvé qu’il m’appartient. Du moins, pas encore. Je suis mêlé. Je ne crois pas au karma. Mais oui, un peu quand même. Je ne sais plus! J’ai besoin d’une opinion de bouddhiste. J’appelle Bird. Pas de réponse. J’appelle Nang. Elle me conseille de le remettre là où je l’ai trouvé.
-Mais, ça va partir au vent!
-Ok, reste là, et attends. Quelqu’un viendra peut-être…
Alors je me suis planté là, au gros soleil, avec les bahts à la main, pendant 10 grosses minutes, sans succès. Je suis rentré à l’Institut. J’ai déposé l’argent dans une boîte pour les dons à l’organisation Caritas, à la réception.





Étais-je inspiré des beaux gestes posés précédemment par mon ami Bird? Je ne sais pas. Quoiqu'il en soit, je me sentais bien.
Et dans ma tête, j’avais réglé ce dilemme moral pour un bout de temps.
Non mais, quelles sont les chances de trouver du cash par terre deux fois dans une année?
Pfff! Dans mon cas, 2019, c’était dans la poche...
Du moins, c’est ce que je croyais.
Trois semaines plus tard, c’est en grimpant une côte abrupte à vélo, entre la plage de Rawai et celle de Karon sur l’île de Phuket, un peu écoeuré, assoiffé, saoulé de soleil, que j’ai trouvé 40 bahts par terre. Deux billets de 20 bahts. À peu près une piastre et demi. Au lieu de me sentir coupable de ramasser l’argent, cette fois-ci j’ai regardé au ciel, et j’ai dit merci! Je l’ai gardé dans ma main. 200 mètres plus loin il y avait un dépanneur. Je me suis acheté de l’eau et un petit Coke.
En sortant, à la porte, j’ai remarqué qu’il y avait une boîte de dons pour une école du quartier. Karma, vous croyez?
Il aurait fallut que je fouille dans ma pochette, et que, et que… Je ne l’ai pas fait.
Paresse? Ingratitude? Avarice?
En tous les cas, si c’était un test, je l’ai lamentablement échoué.
Et j’allais le regretter.


A suivre...














lundi 18 mars 2019

Coucou 18 mars

Coucou les coucous!


Excusez-moi le délai, j’ai branlé dans le manche, et je me suis un peu pas pire accroché les pieds... Je vous ai écrit à tous les jours, oui, mais je ne l’ai jamais envoyé… Je n’arrivais à rien finir. Je partais dans des délires, et je n’arrivais pas à y mettre un point final. J’ai vite compris que l’enfer est pavé de bonnes intentions, et qu’il est juste beaucoup plus facile d’annoncer qu’on va correspondre à tous les jours, que de s’asseoir au clavier pour faire du sens et des choix de photos, après 144 kilomètres de vélo et 1000 mètres de grimpe au gros soleil, autour de l’île de Phuket, à 7.95 degrés de latitude.
Il fait chaud? Calvaire.
J’ai les mollets en feu.
Littéralement!
  
Alors, aujourd’hui, à 600 kilomètres d’ici, il y’a quelqu’un que je ne connaissais pas qui s’est occupé de la FIN, pour moi, bravo et merci. Surprise, ça ne finit pas avec un point - ni un poing dans ce cas-ci - mais bel et bien avec… une bonne claque sur la gueule!
Voilà pour le suspense.
Bref, je vous ai écrit à tous les jours.

Je vous ai écrit qu’au Yul Krabi Homestay on s’est bien amusé. Tous les soirs, sur la terrasse, autour d’un verre, avec l’ami Mathieu, on s’est piqué des belles jasettes avec une clientèle joliment hétéroclite : deux Français à vélo qui partaient pour le Sri Lanka, un Torontois qui visitait l’Asie pour la première fois, trois Américaines avec lesquelles il était difficile de ne pas évoquer l’éléphant dans la pièce…
Je parle de Badaboum, bien entendu.
J’ai quitté la famille avec un gros pincement au cœur. Zack est incroyable. Un vrai petit diable, beau comme un ange, et drôle comme un clown. Un mini clown! Déjà muni d’un bon sens du timing dans toutes ses mimiques apprises, et puis encore plus étonnant dans ses improvisations comiques. Il me fait rire à mort.

Tu lui demandes :
- Zack, are you ready to rock and roll?
Et avec les deux mains, il fait devil, avec une moue de punk rocker, en répondant.
- Yeah, I am ready!
Il n’a pas trois ans, il connait maintenant presque toutes les consonnes de l’alphabet thaï (44), et je pense que d’ici quelques mois, il va le parler mieux que son grand-papa, le thaïlandais... En matière d’apprentissage, il a sauté une étape : de la garderie il est passé à l’école des « grands », parce que les jeux de bébés l’ennuyaient…
Et là, je ne vais pas vous agacer avec un discours de grand-père fier de son petit-fils, mais je veux juste que vous sachiez qu’il est le meilleur et le plus drôle.
Et le plus beau!
Je sais que je répète toujours la même chose…
Mais c’est parce que c’est vrai. Je le trouve juste un peu poche au UNO.

Je vous ai écrit aussi que, de chez Boris à Ao Nang, province de Krabi, j’ai sauté sur le vélo, et comme la dernière fois, traversé chez mes amis Jak et Ploy, à Khok Kloi, province de Phang-nga. Un 120 kilomètres sans histoire, avec 630 mètres de gain, mais moins agréable et 45 minutes plus lent que la fois précédente, à cause d’un affreux bout de route en construction, et d’un gros vent de face, l’ennemi numéro un du cyclotouriste.
Ça et les matins paresseux, dans mon cas…
7am est l’heure à laquelle désormais je partirai tous les jours.
Avant je trainais, souvent jusqu’à 10 heures le matin. Déjeuner inclus? Virée de buffet! Repu, envie d’une sieste? Pourquoi pas…
Mon excuse? Fallait que mon cuissard sèche.
Et puis ça créait un problème supplémentaire, celui d’être encore en train de rouler à 17 heures, ici l’heure de la journée où les chiens s’éveillent et s’énervent, et se mettent à la poursuite des farangs (et des thaïlandais aussi) à bicyclette.
Qu’est-ce qui excite autant les chiens dans un vélo? Expliquez-moi quelqu’un SVP... Parfois je pousse un peu pour les semer quand je sens que j’ai l’avantage du terrain et que je peux les battre à leur jeu; sauf que je vous recommanderais plutôt d’arrêter de pédaler, pour cibler leur focus sur les roues en mouvement plutôt que sur les chevilles, et de pointer votre pompe ou votre bouteille d’eau dans leur direction (sans les arroser parce que les arroser ça les excite et après on n’a plus d’eau); puis de leur parler, en même temps, comme s’ils étaient des bons gros toutous.
- Mais oui, t’aimes ça courir toi, hein! C’est le fun courir, oui, oui oui, viens t’en viens t’en! Vas y, jappe, dis-les toutes tes petits mots!
Je n’ai pas encore été mordu.
Or, tout ça pour dire que, pour éviter les faux départs - et les chiens -, désormais je ne mange plus le matin. Café et bye bye! Et le cuissard, je m’arrange la veille pour qu’il soit bien sec le lendemain.
Comme c’est le premier cuissard que je possède, et qu’il est sans doute la star de mes deux dernières randonnées (comme c’est agréable d’être coussiné du séant!), un soir de tendresse, je vous ai écrit l’histoire de notre rencontre, que j’ai intitulée simplement, « Mon cuissard ».

Mon cuissard
Quand j’ai acheté mon cuissard vélo, l’avant-veille du départ, mon ami Pai, le propriétaire de la petite boutique XYZ, m’a assuré que c’était le plus solide et confortable sur le marché, mais il m’a bien mis en garde que « je devais en prendre soin »…
Il savait sans doute de quoi il parlait, Pai.
Mais moi, je ne savais pas de quoi il parlait.
-Prendre soin d’un cuissard vélo… Ça mange quoi en hiver?
Et c’est là qu’il m’a expliqué qu’il ne fallait pas laver le cuissard à la machine, ne pas le frotter avec du savon, ni le tordre pour l’essorer; et qu’on ne devait jamais le mettre dans la sécheuse, ni l’exposer au soleil pour le sécher.
Ah bon. Un chausson avec ça?
Le premier soir, à l’hôtel Ibis de Hua Hin, au bout de 236 kilomètres à rouler au gros soleil sur l’accotement d’une autoroute à 8 voies - welcome dans la poussière et l’exhaust de camions lourds - j’ai retiré mon noble cuissard avec « soin », et je l’ai posé délicatement dans une eau de nature « soigneusement savonneuse ». Je l’ai laissé, ainsi, baigner seul au lavabo, sans le déranger, en venant jeter un discret coup d’œil de temps à autre, pour m’assurer qu’il n’avait besoin de rien…
-Tout va bien monsieur Cuissard?
-Oui oui, ça va…
OK. Je sors. Je reviens.
-Alors ça baigne?
-Ouais, j’ai dit!
Pas jaseux le cuissard. Je l’ai ensuite rincé pendant de longues minutes en lui massant délicatement le mou.
C’est à ce moment-là que son attitude a changé.
-Cout’donc… Ça achève tu ton affaire?!
Je reculai d’un pas, pris d’un malaise… Inquiet, je m’essuyai les mains, et je m’enquis.
-Est-ce tu parce que je vous manipule avec trop d’indélicatesse, votre Altesse de la Cuisse?
Il me répondit abruptement.
-Non. C’est parce que je viens de passer la journée entre le siège pis ta raie, et pis j’ai ben hâte que tu me sacres la paix!
Ah! Soudainement, toute ma perspective a basculé... Je me suis mis à sa place.
J’ai compris qu’après m’être tapé de la selle pendant 10 heures, ça ne me dérangerait pas du tout de me faire rapidement frotter-rincer-tordre et qu’on en finisse, au lieu de me faire taponner du bout des doigts comme un poussin de velours…
Et le soleil qui pourrait m’abimer?
Là dessus, je ne serais aussi pas plus catholique que le Pape : si ça faisait déjà 12 heures que j’écumais au soleil, un peu plus ou un peu moins…
-C’est toujours ben quand même mieux que de se faire enfiler mouillé le matin?
Et là-dessus, il a bien raison, mon nouvel ami cuissard : l’enfiler mouillé le matin, c’est un peu comme le souvenir que j’ai de me remettre sur le dos mon stock de hockey qui n’avait pas eu le temps de sécher, et pis qui sentait comme pendant la game contre Chomedey.
Même si on l’avait gagné 12-0 et qu’il fleurait bon encore, pour citer Paco Rabanne, l’Odeur de la victoire.
Puis, quelques kilomètres plus tard, avec l’aide d’un texte qui n’en finit plus –vous aurez été prévenus!-, je vous ai amenés avec moi dans la famille de Jak, Ploy et August, pour un joyeux festin de crevettes, entre autres gâteries, et pour y être toujours aussi bien accueilli par Maman et son sincère « assis-toi pis mange! », et par Papa et son obligatoire verre de whisky.
Étant donné que je n’avais pas le temps de faire du ménage dans mes méninges, je vous ai juste tout écrit, à mesure, comme dans une vue… Sortez le popcorn!
Khok Kloi
Quand je débarque à Khok Kloi, une sympathique petite ville de 3227 habitants, j’ai beaucoup de difficulté à passer inaperçu. Je suis trempé, nauséabond, et j’ai seulement envie de me doucher. Mais Jak n’a pas terminé sa journée de travail, alors je fais un détour par la rue principale. Au 7-11, la jeune femme au comptoir me reconnaît. Elle rit à mon air déglingué, et sans doute du fait j’ai un coup de soleil qui me donne un air de panda à cause des lunettes fumées… Elle dit aussitôt à sa collègue que je parle thaïlandais, au cas où l’autre aurait le goût de traduire ses pensées. Elle me demande où je vais.
- Chez Jak.
- Jak travaille à l’hôtel maintenant.
Je sors. Je m’ouvre une canette de Leo. Je la taris toute, d’une seule gorgée. Un ami de Jak qui passe en VUS s’arrête et me klaxonne.
- Hey Bruno, pai nai ma?!
D’où t’arrives? Où vas-tu… As-tu mangé? Les trois questions premières qu’on vous pose en Thaïlande. Ici, on se fout de savoir comment ça va.
- J’arrive de Ao Nang Krabi!
- Ron mai, khap?
Oui, il a fait chaud, khap! Ça paraît?
Il m’invite à l’anniversaire d’un ami de Jak, au Spa Layburi, un endroit que je connais bien parce que c’est là d’où on part pour faire notre jogging sur la plage. Je lui réponds que je vais voir avec Jak d’abord. Il m’assure que Jak y sera. Il pointe en direction de ma canette, et il ajoute « free beer »!! Il décolle.
Mon téléphone sonne. C’est Jak.
- Bruno, t’es où?
- Au 7-11.
- Viens nous rejoindre au Spa Layburi, c’est l’anniversaire de Pid.
- On ne soupe pas à la maison?
Je suis confus. Chaque fois, à mon arrivée à Khok Kloi, j’ai l’habitude du souper d’accueil en famille, et j’en suis venu à croire que c’était peut-être une tradition…
- On ira plus tard, parce que la copine de Pid a préparé une surprise et elle aimerait qu’on soit là pour manger le gâteau d’anniversaire. Allez!
Et il raccroche.
Ça, aussi, c’est très typique des thaïs. Ils te raccrochent toujours au nez. Pas de flafla au téléphone. Je pose donc ma canette vide au bord du trottoir (parce que la meilleure manière de recycler est de laisser le « recyclable » bien en vue pour la dame et/ou le monsieur qui patrouille le voisinage avec un gros sac et qu’on nomme poliment en thaï « ceux qui acquièrent de vieilles choses ») et je roule jusqu’au Spa Layburi. Dehors, en face, sur une grande table, des légumes, du riz, des poissons, des salades de papayes vertes, et d’autres plats du sud que je ne connais pas mais que je pressens très épicés. Pid, le fêté, et la gang du Khok Kloi Cycling Team sont tous là. Ils se marrent de me voir apparaître seul avec mon gros vélo chargé, au soleil couchant. Kung le facteur - celui qui tire en général le groupe, et peut tenir une moyenne de 35 sur 120 km sans dépasser la zone 3 - s’avance avec deux bières, et il m’en offre une, avec un bon gros hug. Ils sont rarement aussi « affectueux » ici, mais Kung est particulièrement heureux de me revoir, et avec raison : il est un maudit bon gars, plein de potentiel d’athlète de pointe, mais il n’a pas eu de chance dans la vie, il ne gagne pas beaucoup d’argent, et il est équipé comme la chienne à Jacques; alors moi, il y a quelques mois, comme j’avais des souliers de course Saucony neufs qui me blessaient aux talons et qu’on chausse le même point, plutôt que de les revendre sur Lazada, je lui ai envoyé la paire dans une belle boîte avec un chou dessus en lui écrivant à la blague que je prenais désormais 15% sur ses bourses de courses.
Et les souliers il les portait là, justement, et sa montre indiquait qu’il avait couru 10 kilomètres en 55 minutes. Moyenne de 5:30? Je le taquine.
- Qu’est-ce t’as fait Kung, t’es allé en marchette ou quoi? T’es certain que les souliers ne sont pas trop grands pour toi?
Il rit.
- C’est parce que je venais de finir la «bike ride de Phang-nga », et j’étais un peu fatigué…
La « bike ride de Phang-nga », c’est plus de 100 kilomètres de vélo avec plusieurs centaines de mètres de gain. Pas facile.
On cogne nos bouteilles.
Jak arrive au même moment avec sa petite famille. Sawasdi khap! Il me montre que Kung porte mes anciens souliers neufs. C’est Jak qui avait eu l’idée. Je lui réaffirme que c’était vraiment une bonne idée (kwamkid di jing jing!), mais que Kung n’est même pas foutu de réaliser mieux qu’un 10 kilomètres en 55 minutes avec mes beaux Saucony… Et que je veux les ravoir mes souliers, tant qu’à les voir tristes de ne pas avancer! Kung, faussement triste, fait semblant de me redonner mes souliers. Je recule d’un pas en me pinçant le nez.
- Mai Ao!! Men mak mak!
On rigole. Et la discussion est repartie de plus belle!

Je dis « discussion » dans un sens large, parce qu’à Khok Kloi, ils parlent le thaïlandais du Sud avec un accent très riche et avec un débit presque aussi rapide que celui de mon oncle Bernard de Gaspésie (« çafaqu’làtarnac! »), et parce qu’ils ne comprennent qu’à moitié mon thaïlandais de bébé, je vous jure qu’on en gesticule une shot, comme dans la scène que je viens de vous décrire! Je voudrais tellement un jour filmer nos conversations, et en calculer en termes de pourcentage la part de la pantomime...

Pas grave, on finit tjrs par se comprendre : on rit, on mange, on boit, on attend la surprise, qui était le gâteau finalement; puis on bouffe du gâteau, et Jak à brûle-pourpoint m’envoie :
- Allez Bruno! Go! Faut aller souper à la maison!
- Pardon?!
Ça, ce genre de lapin qu’on sort d’un chapeau, je dois vous préciser qu’entre nous (Boris, Nang, Bird, Bo, Tan et Cie), c’est ce qu’on appelle « The Jak style » : avec lui, quand tu penses qu’une chose est terminée, souvent, elle ne fait que commencer; quand tu crois qu’il est l’heure de rentrer, souvent, c’est le moment qu’il choisit pour t’annoncer qu’on s’en va ailleurs, pour faire un autre trucmuche dont il ne t’avait jamais parlé. Il a comme sa Loi de Murphy à lui.
Monsieur Surprise!
Chez Papa et Maman, la table est mise, avec deux grands bols de ce que j’estime être au moins 5 kilogrammes de crevettes... Tout cela a l’air délicieux, malgré que je n’aie plus faim du tout… Mais refuser, ici c’est impoli! Et est aussi considéré sacrilège, l’air de « manger du bout des lèvres »…
Je remange donc, et je rebois, avec au moins autant d’appétit que j’ai de respect pour l’hospitalité qu’il m’offre, c’est à dire goulûment.
À table, au moment du digestif (un dernier whisky), comme mon ventre va briser (expression thaïe) et que je suis un peu ivre, Jak en profite pour m’annoncer que le lendemain matin on sort à vélo, à 6 heures.
-Rien qu’un petit 30 kilomètres à toute vitesse entre amis?
Il me fait un clin d’œil. Je fais mine de me cogner la tête sur la table, en signe de découragement. Ploy sa copine se moque de moi. Elle aussi les connait ses « amis », et elle sait très bien que je vais souffrir!
-Bruno est trop vieux? Bruno veut se servir de ma moto?
Précision : ce n’est pas un hasard si je suis ici, parce que c’est ce qui est formidable dans le fait d’avoir des partenaires d’entrainement plus jeunes : faut que tu relèves des défis physiques, souvent en dehors de ta zone de confort, que la plupart des gens de ton âge ne se lancent plus; peut-être parce qu’ils ne viennent pas aussi naturellement à l’esprit, après 50 ans… Même si la veille, t’as charrié ton gros VTT sur 120 km, contre le vent, parce que pour eux, ce n’est pas une excuse.
J’aurais pu répondre que j’étais trop fatigué. Et perdre la face. Et faire honte à mon ami Jak, aux gens de mon âge et à mon pays…
- Il est où, ton ami Bruno, Jak?
- Ah, il est fatigué. Désolé…
- Pff! Les vieux du Canada… tous les mêmes!

Le lendemain matin, à 6 heures je suis prêt. Le casque sur la tête, dans le garage, avec mes souliers aux pieds. Jak sort de sa chambre à coucher en bobette.
- Bruno, wait!
Je grogne, à moitié en christ.
- Attendre? Oh non! Tant pis pour toi Jak, et essaye de me rattraper maintenant!
Comme j’ignore où l’on va, je reste sagement à attendre. Je sais par contre que je lui ai mis un peu de pression… J’ai quand même fait l’effort de me lever à 5h30!
On finira par partir à 6 heures 30 (le vrai 6 heures, « heure de Thaïlande », je n’apprendrai donc jamais!) pour rejoindre le groupe, qui avait picolé tard la veille, au Spa de Pid…
Ç’a roulé quand même en ta’, et le groupe m’a écarté dans toutes les montées. Mais y’a pas de déshonneur, c’était tellement beau de les voir rouler.
Puis, en rafale voici toute la journée : on s’arrête boire un café, on prend une douche, on saute dans la voiture avec Ploy, on reste pogné une heure dans le trafic à Phuket, on s’arrête pour un autre café, puis à midi pile on se tape un gros buffet japonais, ensuite stop pour thé vert et gâteau à la noix de coco, je m’endors dans la voiture, «Bruno, on est arrivé! », je m’assois dans la chambre dix minutes pour vous écrire, Ploy cogne à la porte.
-Jak va au champ « couper de la palme », tu veux y aller avec lui?
Difficile de refuser, je n’ai jamais fait ça, « tad palm ».
La famille possède, entre autres entreprises, deux petites palmeraies. Et on ne parlera pas ici svp de la destruction des forêts tropicales et des tourbières ni des méfaits de l’huile de palme sur la santé dont nous sommes tous conscients, parce que dans leur cas ce sont deux petites cultures familiales qu’ils entretiennent depuis des générations, qui desservaient la population locale, et que de quoi je me mêle.
Or, couper de la palme, en ce qui nous concerne aujourd’hui, c’est « ramasser avec un grand pic des espèces de grosses grappes de fruits de palme qui pèsent une tonne et qui sont couvertes d’épines qui t’arrachent les mains, les sacrer dans la boîte du camion tout en se faisant bouffer par des moustiques format géant, et pis ruiner tes amortisseurs et l’embrayage de ton truck afin d’aller vendre le tout à la balance du village pour des pinottes.

- Mon grand-père gagnait de l’argent! Maintenant, on continue à récolter seulement pour donner un peu d’ouvrage à mon oncle et mon cousin. Mon père voudrait s’en débarrasser, mais personne ne veut acheter. Les grosses compagnies ont tué le marché local...
C’est une maudite job tough dans un monde dur.


Aussitôt rentré du « tad palm », alors que je crois ma journée pas pire terminée et que la petite aiguille sur l’horloge s’approche de « Beer o’clock », Jak me demande de me préparer, immédiatement, d’abord pour un 25 kilomètres « tranquille » à vélo, avec des nouveaux amis, sur un circuit que je ne connais pas, qui nous mènera ensuite, comme par hasard, au fameux bassin, tu te souviens du bassin?, autour duquel nous allons tous courir autour de 18 heures…
- Excuse-moi, j’avais oublié de te le dire ce matin qu’on allait courir.
Fuck yeah!
C’était agréable, le vélo, même si pas tranquille pour cinq cennes : Khok Kloi est un super beau coin de pays pour les cyclistes, tout en collines et en courbes, et voilà peut-être pourquoi ils sont aussi nombreux; et dans le groupe, j’ai triché en profitant d’un cycliste un peu plus lent et plutôt corpulent qui m’a trainé dans son sillon tout le long…
C’est à la course que j’ai voulu un peu mourir.
Suite au buffet du midi, avec le rush, y’a rien qui a vraiment eu « le temps de descendre »... Il y a à peine une demi-heure, quand je courais, je rotais encore le maquereau. Burp! Puis le bœuf à l’ail. Buuuurp! Puis l’espèce de petite bouboule panée qui devait être du porc mais qui goutait la crevette. Buuuuuurp! À l’heure du souper, j’avais genre, comme, pas faim?
Mais, la table était mise. Maman m’a lancé le laconique « assis-toi pis mange », Papa m’a versé un whisky, et vous connaissez le reste de la chanson. Ça fa que, on bouffe encore comme des cochons, et Jak me demande si je voudrais aller voir, plus tard, un autre de nos amis, Tam, qui joue ce soir dans un band, au petit pub local d’à côté, où on vend de la bière en fût.
- Bière en fût? C’est le mot magique mon Jak… Plus tard dans combien de temps?
- I don’t know… 10 minutes?
Wow. Jak strikes again!

Au petit pub, qui était en fait un grand resto-bar appelé le Fachi (du nom du couvercle grillagé qui protège la bouffe laissée sur la table en Thaïlande), sans doute inspirés par le plafond cathédrale, Jak et moi, on s’est commandé une tour.
Ploy est venue nous rejoindre avec le petit August. On a mangé des frites. Pas parce qu’on avait faim, mais bien parce qu’on ne boit jamais sans manger en Asie. Tout avait l’air normal, jusqu’à ce que le band se mette à chanter « Happy Birthday to you », et que l’ami Tam s’avance lentement à travers la foule, avec un morceau de gâteau et sur lequel on avait allumé une bougie. Je me mets à chanter avec la foule. Happy birthday! C’est la fête à quelqu’un! Tam continue à s’avancer, on dirait qu’il vient vers notre table, je regarde derrière il n’y a personne, et Tam vient, finalement jusqu’à moi, qui étais encore en train de chanter joyeux anniversaire, en tapant des mains…
La foule m’applaudit et crie.
-Happy birthday! Happy birthday farang!
Ostie que je l’ai ri! Parlant de tour, c’est la première fois qu’on me le joue, celui-là!
Bravo Jak, Tam et Ploy.
Est-ce que j’étais gêné? Un peu, oui, mais non, au fond... J’étais surtout fier de mes amis. Quel bon gag vide, inutile à souhait, et complètement sorti de nulle part…
Comment, et pourquoi ils ont pensé à ça?
- Ta fête est ce mois-ci Bruno, non?
- Oui, mais dans 3 semaines! Ha ha ha!
- On le sait. C’était juste au cas où on ne se reverrait pas d’ici là…
- Pardon?
J’ai ravalé mon rire bête… J’étais soudainement très ému.
C’était même pas pour me faire une farce! C’était pour être gentils…
Et c’était moi, la farce.
Celui qui croyait qu’on voulait rire de lui.


À suivre