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TEMPO Arts et spectacles - Jet Set
13 octobre 2000

Parisien, Thérère

La belle folie de Bruno Blanchet

«Des fois je suis gêné d'avoir autant de liberté»

 "Dans la vie, je suis un flyé! Je viens de sortir d'une piscine où j'ai fait un remake de "Apocalypse now"! Ce n'est pas quelque chose qui arrive souvent dans une journée normale d'un pompier. Alors comment veux-tu que je ne sois pas heureux de ce que je fais? Hum j'aimerais que tu dises aussi que je suis riche et célibataire!"

 Ceux qui croient qu'on ne verra jamais l'émission "On fait ça seulement le samedi soir" à Radio-Canada, à la suite du départ précipité d'Alexis Martin et Pierre Lebeau, risquent fort de se tromper. Pourtant, les rumeurs vont bon train! Stéphane Laporte, lui, continue de travailler ses textes et de rencontrer son équipe. "C'est un mauvais départ, m'a-t-il dit cette semaine, mais ça va se faire, c'est sûr. Je te le confirme."

 Quant à Bruno Blanchet, il n'est pas homme à se laisser démonter par un faux départ. Mine de rien, il en a vu d'autres. Et ce show, il veut le faire! On lui a donné carte blanche et il est plutôt fier à l'idée de travailler sur une émission qu'on veut éclatée et avec laquelle il se sent en harmonie. "Ce n'est pas très loin de ce que j'ai vraiment envie de faire, alors ça me comble." Avant la démission des deux comédiens qui devaient faire équipe avec lui, Bruno Blanchet m'avait dit: "Ce sont des gens dont je connaissais la réputation et dont j'admire le travail. C'est vraiment une équipe de première ligne."

 Un élève doué, un enfant tranquille...

 Bruno Blanchet est né et a grandi à Rosemont. "Ce n'est pas très exotique mais j'aime ça." Lorsqu'on connaît le comédien et ses personnages, on imagine une enfance agitée, passée à faire damner les professeurs et les parents. Pas du tout. Et on est encore loin de l'homme qu'il est devenu...

 À l'école, personne n'a rien à redire. Pas trop clown, plutôt sage, il ne manque pas un cours et est un élève doué. "J'ai même sauté des années, dit-il, en quatrième puis en sixième. Il m'arrivait même de corriger les travaux de mes petits amis. J'ai fini mon primaire avant tout le monde et on a décidé que je pouvais passer au secondaire. Je dirais même que j'étais trop tranquille pour un adolescent!"

 Plus jeune, Bruno Blanchet se voit dans la peau d'un détective privé ou d'un joueur de hockey. "À force de ne pas me brancher, j'ai fini par choisir un métier dans lequel je pourrais être tout ça en même temps. Aujourd'hui, si j'en ai envie, je peux même me créer un duo de hockeyeur et de détective privé. C'est prodigieux de liberté. Des fois, je suis gêné d'en avoir autant "

 La révolte....version Bruno Blanchet!

 À 36 ans, Bruno Blanchet est le père d'un garçon de 14 ans, Boris. "Il est plus grand que moi, dit-il, alors il me voit de haut! Il grandit tellement tout le temps que je ne sais plus quoi faire avec...!"

 Quel sorte de père est donc celui qu'on connaît comme un "énergumène" du petit écran depuis ses apparitions dans " La fin du monde"?

 "Je suis plutôt straight. Pas sévère mais je tiens à ce que la relation père-fils soit une véritable relation père-fils. Je ne crois pas beaucoup à la théorie "mon père-mon ami".

 "Je veux qu'il sache qu'il faut être sérieux quand c'est le temps, et complètement fou à d'autres moments. Mais je veux aussi que mon fils soit conscient que sa liberté s'arrête là où celle des autres commence. Je veux qu'il sache que la révolte, ce n'est pas de rater un examen pour faire suer un prof, mais bien d'avoir une note de 100% sur cet examen et d'aller le déposer sur le bureau du prof en le regardant bien dans les yeux!"

 Bruno et Boris ont déjà travaillé ensemble à la télévision. "Les rares fois où c'est arrivé, ce fut magique. Il joue et c'est une copie conforme de ce que je suis. En plus, on a les mêmes airs!"

 Le père et le fils partagent les mêmes goûts pour la musique. "Mais moi, j'ai des goûts très éclectiques. De la musique de film à Neil Young. Récemment, nous avons découvert un groupe punk rock un peu techno du nom de Refused, qui vient de Stockholm. C'est quelque chose à découvrir."

 Y'a rien comme un bon... navet!

 Pour se détendre et libérer un peu de stress, Bruno Blanchet fait... des mots croisés! "Je suis dans un délire de mots croisés, dit-il. Ça me détend terriblement. Je fais suffisamment de choses anormales dans une journée pour arriver à la maison le soir et prendre du plaisir à faire des mots croisés! Mais si je veux me sortir vraiment du boulot et du reste, je me loue un film, un navet, avec des amis et là, on rit comme des fous! Mon navet préféré est sans aucun doute "Mission to Mars" que je recommande à quiconque veut se détendre. Le héros a l'air tout droit sorti d'un Ballet du Bolshoï. On a même trouvé le moyen, dans ce film, de nous montrer un Tim Robbins pourri, lui qui est si bon comédien."

 Bruno Blanchet est un homme en demande et fort occupé entre ses capsules du matin à CKMF, sa chronique du vendredi, "Radio Enfer", ses séances d'écriture, ses tournages et le reste. Mais il ne s'étourdit pas et reste les deux pieds sur terre. "Dans 10 ou 15 ans, je m'espère en forme, heureux et reposé. C'est sûr que je ne maintiendrai pas ce niveau de stress pendant des années. Ce ne serait pas sain. Ces temps-ci, ça bouge tellement que je vis ça au jour le jour, mais je ne m'étourdis pas au point d'oublier l'avenir."

 Ce qu'il veut d'abord et avant tout, c'est de rester jeune. "Je fais même ce qu'on appelle de l'acharnement thérapeutique, dit-il en riant. Je refuse de prendre l'auto et je me déplace constamment en vélo ou en patins à roues alignées."

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