Khmorr, Gros Piton, Belle Pitonne (Sophie Lavalée), une "pitonne" qui en fait triper plus d'un, Mononc, La Méchante, Les Méchants (tous interprétés par le fils de 15 ans de Bruno) et Tite Dent vivent, chaque semaine, des aventures toutes plus inusitées, étranges et plus folles les unes que les autres.
Blanchet permet même aux téléspectateurs de pirater cette partie de son émission en les invitant et en leur donnant les moyens de le faire. Cette série dramatique est un vieux rêve que caressait Bruno Blanchet depuis des lunes. Il avait déjà proposé cette série, mais tous trouvaient le projet trop compliqué, trop onéreux.
"J'vais l'faire alors! que je me suis dit, et Télé-Québec m'a fait confiance."
Mis à part cette petite dramatique, plusieurs volets forment cette émission débridée.
Plusieurs volets et autant de personnages. C'est ainsi qu'on retrouve, entre autres, dans la sécheuse, Le Mime, Lara (qui n'est plus vraiment Fabian) et cette Anne-Marie (qui n'est plus tout à fait Losique) et sa chronique Vidéos du pubic, chronique à laquelle on répond en grand nombre, en très grand nombre.
"Je ne pensais pas qu'il y avait autant de gens qui avaient envie de faire des folies comme ça. Les gens travaillent fort pour ces vidéos, ils se donnent beaucoup de peine", dira avec bonheur celui qui, lui aussi, va presque toujours au bout de sa folie.
De semaine en semaine, N'ajustez pas votre sécheuse (mercredi, 21h, et en rediffusion dimanche, 18h, et lundi, 1h, à Télé-Québec) compte de plus en plus de fans, qui deviennent vite des fidèles.
Bruno Blanchet, dont la douce folie fut surtout découverte grâce à Marc Labrèche à la défunte émission La Fin du monde, est heureux de constater qu'on embarque dans son trip.
De plus, imaginez que N'ajustez pas votre sécheuse fait vivre deux vieux phantasmes au comédien.
Lui qui a toujours voulu être un superhéros a inventé son Khmorr le conquérant.
"Jusqu'à ce que j'aie l'âge d'aller à l'école, tous les matins, je demandais à ma mère de me mettre ma jupe. Maman me mettait alors une serviette autour du cou. Elle l'attachait avec une épingle à linge et je passais ma journée avec cette cape que j'appelais ma jupe. Y a peut-être quelque chose à comprendre là-dedans", dira Blanchet en riant.
Puis, deuxième vieux phantasme, Bruno Blanchet qui passe des auditions à des filles magnifiques, les plus belles.
"Imagine! Une journée à ne voir que des belles filles! J'en rêvais, je l'ai fait et c'était extraordinaire!", une autre réponse qu'il donne en riant.
Tout ça pour trouver sa Belle Pitoune, Sophie Lavallée, pour sa série fantastique.
N'ajustez pas votre sécheuse demande une somme énorme de travail, mais ne comptez pas sur Bruno Blanchet pour s'en plaindre. Il a un fun noir, même lorsqu'il passe ses journées à tourner et ses nuits dans la salle de montage (il écrit, joue plusieurs personnages, réalise, assiste et participe au montage, et on en oublie sûrement).
Bruno Blanchet, malgré ce que l'on peut penser, est très straight dans sa façon de travailler.
Il l'est aussi maintenant dans sa vie personnelle, avouant être complètement sobre depuis un an et demi.
S'il admet qu'il n'a pas eu besoin d'un groupe de soutien, il avoue avoir travaillé fort pour y arriver.
"Arrêter de boire, ça veut dire ne plus voir les mêmes amis, faire une autre vie."
Moins de 5 à 7, ça veut aussi dire plus de temps libre. C'est ainsi que non seulement Bruno Blanchet a-t-il commencé à s'entraîner (il a perdu plus de vingt livres), mais il travaille davantage et il semble y trouver encore plus de plaisir.
"J'ai commencé à rêver que Khmorr pouvait peut-être exister. Khmorr passait par le corps. Il faut être en shape pour jouer ce personnage."
Qu'il prenne la peau de son superhéro ou alors de l'un de ses nombreux personnages, qu'il fasse son commercial sur le "Poulet Chobby, le poulet toujours graisseux au bon moment", notre homme s'amuse: "Ce sont des beaux moments à l'écriture, de beaux moments à l'interprétation. De belles surprises que je me réserve, des choses que je ne me savais pas capable de jouer."
Blanchet s'est donné ce défi, qu'il a, encore une fois, relevé avec brio. On a d'ailleurs l'impression que les 34 années de la vie de Blanchet ne sont faites que de défis, de défis et de liberté.
Quel beau fou que ce Bruno Blanchet; s'il n'existait pas, il faudrait l'inventer!
Un an après avoir été flushé par Radio-Canada, grâce à sa ténacité, Bruno Blanchet a fait en grande pompe son entrée à l'Autre Télévision.
0n se souviendra en effet que l'année dernière, Bruno Blanchet devait être en ondes à Radio-Canada le samedi soir.
Qu'est-ce qui s'est vraiment passé? Même Bruno jure l'ignorer.
"Le résultat fut: revoyons la structure. Mais moi, j'étais bien à l'aise dans cette structure-là. On avait fait un pilote, vu les faiblesses, mais on était prêt à s'ajuster."
"Continuez sans moi", leur a dit celui qui, malgré tout, n'a pas reçu cette nouvelle comme un rejet.
Comme il est tenace et qu'il se refuse à refaire les choses une autre fois, Bruno Blanchet a relevé ses manches et préparé autre chose.

C'est ainsi qu'il s'est remis à l'écriture, peaufinant un projet sans vraiment savoir ce que cela allait donner, ni à qui il voulait s'adresser. Une chose était par contre certaine dans sa tête: "Je ne voulais pas lâcher! Je voulais aussi refaire surface. Me battre. Et c'était là une bonne occasion de le faire."
Puis Mario Clément, directeur des programmes à TQc, a montré de l'intérêt pour le projet.
"Ce fut aussi simple que ça."
Télé-Québec a fait montre d'audace en acceptant de mettre N'ajustez pas votre sécheuse en ondes.
Aujourd'hui, on doit être fier rue Fullum (Télé-Québec) car l'habitude d'écoute se crée de plus en plus chez les téléspectateurs.
N'ajustez pas votre sécheuse n'a pas la même facture que cette émission proposée à la SRC. Blanchet précise: "Forcément, il y a des éléments qui demeurent un peu les mêmes puisque c'est moi qui interprète des sketches que j'ai écrits. Mais l'enveloppe n'est pas la même. Le but et la construction non plus. À Radio-Canada, c'était davantage thématique. À Télé-Québec, j'ai pris le concept sur treize émissions, me disant par exemple qu'un personnage allait arriver à l'épisode sept, se retrouver dans l'épisode neuf, au onzième... J'ai voulu créer un univers qui n'était pas clos. Je désirais que les personnages puissent interagir ensemble, qu'ils aient une vie au-delà des petites capsules que je faisais à La Fin du monde."
Et voilà une façon simple d'expliquer une émission différente, rafraîchissante et qui fait de plus en plus parler d'elle.
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