La Tribune
2 août 2003

Roy, Pierrette-Hélène

Comme un chien fou

Les rôles ou les tâches qui ne comportent pas de risque n'intéressent d'aucune façon Bruno Blanchet.

Parce que ce casse-cou fait ce métier pour apprendre, pour découvrir et aussi pour le goût du risque.

Mais quel métier, au juste? Celui qui joue le rôle de Steve Laurin, le nerd maniaque d'informatique dans le film de Jean-François Pouliot, La Grande Séduction, se transforme tour à tour, dans sa carrière, en comédien, auteur, concepteur, scénariste, metteur en scène, chroniqueur, caméraman, réalisateur et écrivain.

L'homme a commencé sa carrière comme animateur à la radio communautaire CIBL. Il a par la suite participé à une foule d'émissions à la radio et à la télévision comme animateur, scripteur, comédien et même réalisateur.

On le retrouve également en 1998 comme coauteur des textes du gala de remise des prix Gémeaux, auteur de deux numéros du spectacle de Pierre Verville, Pierre Verville lâche son fou, alors qu'il a écrit, interprété et réalisé en 2001 l'émission hebdomadaire N'ajustez pas votre sécheuse, à Télé-Québec.

"Je me plais à toucher à tout justement pour le défi, explique-t-il en marge de la tournée de promotion de La Grande Séduction qui l'amenait récemment à Sherbrooke. Parce que s'il n'y en a pas, j'éprouve peu de plaisir. Car, dans la vie comme dans le travail, je suis comme un chien fou. Et ce qui me passionne, c'est de toujours amener les projets jusqu'à leur maximum, dans le silence, de manière minimaliste, ou dans l'exagération. J'aime aller jusqu'au bout de mes instincts."

Ainsi, dans ce rôle de Steve, Bruno Blanchet a trouvé un immense plaisir. "On pense rarement à moi pour jouer des rôles ordinaires. C'est sûr que ça me dirait, un rôle de jeune premier. Mais dans ma vie, j'ai joué plein d'affaires comme un char de l'année, une jeune première, j'ai fait plein d'objets et d'animaux", rigole-t-il.

Dans l'émission La Fin du monde est à 7 heures, dans laquelle il était chroniqueur, il a incarné tour à tour une table, une chique de gomme, de nombreux virus et un astéroïde, notamment.

Or, justement, trois années d'émissions quotidiennes ont laissé l'homme un peu usé et, aujourd'hui, pour employer une image du monde sportif qu'il fait sienne, Bruno Blanchet aurait le goût de courir le marathon plutôt que le 100 mètres.

Et s'il est un métier qui le passionne tout particulièrement, c'est bien celui de l'écriture dans laquelle il trouve une liberté qu'il ne rencontre nulle part ailleurs.

Ainsi, depuis un an, il travaille à une série pour la télévision appelée L'École du bonheur qui proposera 20 personnages principaux et qui s'élaborera comme une sorte de synthèse des émissions et films qui lui plaisaient au début des années 80 comme La Petite Maison dans la prairie ou Saturday Night Fever, notamment.

"Je me sens le maître absolu, même si cette création ne devait jamais voir le jour. Elle m'aura au moins permis de passer des moments extraordinaires."

Retour