Effectivement, après deux heures d’entrevue, force est de constater que l’homme et ses multiples personnages éclatés se confondent délicieusement.
Son naturel et son authenticité le rendent des plus attachants. Il ne joue pas à être quelqu’un d’autre, il est lui-même.
On l’écoute se raconter et on rit. Pourtant, il est sérieux. Lorsqu’il raconte son adolescence, on croirait entendre le meilleur des monologuistes. Pourtant, il n’invente rien. «Jeune, j’étais excessivement gêné. Je rasais les murs. Je crois que c’est la musique (punk rock et rock progressif) qui m’a dépoigné. Ce sont aussi mes voyages sur le pouce qui m’ont débloqué.» Il a beaucoup bourlingué. «J’ai ramassé tout ce qui se faisait de fruits et de légumes; j’ai aussi récolté le tabac...»
Camionneur
Et le voilà devenu camionneur. «J’aimais ça; j’adore conduire. Je me rappelle avoir roulé jusqu’à Havre-Saint-Pierre: 18 heures de route sans arrêt. C’était le 24 juin, j’étais avec une gang de chums pis on chantait du Harmonium... Je roulais en lisant le journal que je tenais sur mes jambes; le boss n’aimait pas ça...»
Au cours d’une escapade de trois mois au Guatemala, Bruno Blanchet a conçu son fils, Boris, qui a maintenant 13 ans. «On tripe beaucoup; on va voir des shows ensemble. Je lui ai même montré à faire du body-surfing durant des shows de punk...» Et comment réagit son fils en le voyant à la télé? «Des fois, il est découragé. Il me trouve un peu fou...»
1001 métiers
À propos de ses 1001 métiers, le comique de 35 ans rappelle qu’il a aussi été guide dans un musée d’art contemporain. «Je ne connaissais absolument rien, mais j’inventais n’importe quoi et les visiteurs appréciaient. C’était l’fun», dit-il en riant.
Après une expérience à la radio communautaire, il rencontre Marc Labrèche et passe une audition pour La fin du monde... «Au début, on voulait que je fasse le sport, mais comme je devais être moi-même, je freakais...»
Angoissé
Et d’où lui viennent ses inspirations? «Aucune idée! Ce sont des accidents de parcours. Je suis chanceux, les idées arrivent toujours. Je dois avoir un vieux fou comme ange gardien...» Pour lui, trouver de nouveaux sujets provoque une angoisse continuelle. «J’me pète un infarctus tous les jours...»
J’aime le sexe
Comment relaxe-t-il? «J’aime le sport (patins à roues alignées et parachutisme). J’aime aussi beaucoup le sexe...» Il se plaît aussi à écouter des groupes d’avant-garde comme Mogwaï et God Speed You Black Emperor.
Et comment appréhende-t-il la fin de La fin du monde...? «Ce sera douloureux!», termine-t-il dans le seul vrai moment sérieux de l’entrevue.
Un gars plein d’idées
(PON) — Voici une consolation pour les inconditionnels de l’émission: un nouveau show de télé encore plus éclaté et mettant en vedette Bruno Blanchet dans son rôle de P’tites Dents devrait naître des cendres de La fin du monde est à 7 heures.
«Je travaille au projet avec un important producteur. Ça devrait marcher», a confié au Journal le coloré comédien qui nous promet, pour 2001, «du jamais vu à la télé». On parle d’une série de 13 ou de 26 épisodes qui serait tournée à l’intérieur et à l’extérieur. Est-il besoin de préciser que ce sera complètement éclaté. Bruno souhaite amener avec lui «une partie de la gang (celle de La fin du monde...), tout en faisant intervenir d’autres comédiens dans une série loufoque, qui fera défiler plusieurs personnages, dont Laura Fabian et Le-p’tit-monsieur-pas-de-cou.
Spectacle solo
Également, Bruno Blanchet envisage de créer un spectacle qui mettrait en vedette P’tites Dents. «Mais il y aura d’autre monde parce que je suis un gars de gang.» Son premier spectacle pourrait même être créé dans un théâtre d’été.
Et un film
Comme son cerveau est continuellement en ébullition, Bruno Blanchet a déjà en tête un scénario de film particulièrement original: «Je veux faire un remake de Robinson Crusoé, film où je serai tout seul sur une île déserte, et où l’on me verra dans mon quotidien.» Durant ces mois de tournage, il sera effectivement tout seul, car il songe même à se filmer lui-même.
![]() Photo Collaboration spéciale Valérie BLUM
«Mes loisirs: le sport et... le sexe.» |